Pélerinages

Le culte à saint Hubert prend son origine au IXè S. avec une base très solide pour l’époque puisqu’il fallait trouver des moyens de se prémunir de la rage et, en cas d’infection, d’en guérir car c’était une maladie fréquente et effrayante.  Dans un monde essentiellement rural fait de nobles chassant ou guerroyant, de paysans, journaliers et soldats, la proximité avec les éléments naturels était permanente.
 
Les pèlerins malades eux-mêmes ou parents d’un proche déjà infecté, ou en grand danger de l’être, prenaient leur bâton et se rendaient à l’Abbaye des saints Pierre et Paul en Ardenne.  Une fois sur place, devant le corps et les reliques de saint Hubert et grâce à un fil d’or tiré de la sainte Étole, ils demandaient que soit pratiquée l’opération de la « Taille ».  Cérémonial très précis qui se terminait par une neuvaine.  Ces pèlerins réclamaient aussi l’imposition de la sainte relique, ils emportaient des pains bénits à distribuer parcimonieusement à leur entourage, animaux inclus.  Les moines fournissaient nombre de médailles et de cornets protecteurs.  Ainsi au fil des ans, les offrandes, les dons, les legs ont afflué au sein de l’abbaye qui prit des dimensions européennes.
De nombreux pèlerins s’organisaient en Confréries et, aujourd’hui encore, nous recevons dans notre basilique et devant l’autel de saint Hubert en particulier, les Pèlerins de Lendersdorf (tous les ans) et ceux d’Andenne, tous les deux ans.

 

Pelerinage

 

Dès 825, des pèlerins-marcheurs se sont lancés sur les chemins en solitaires mais souvent avec leurs Confréries.  Certaines ont disparu progressivement mais d’autres s’inscrivent dans la durée : Andenne depuis 1684, Kerpen depuis 1701 et Lendersdorf (320 Km aller-retour), les plus assidus, depuis 1720.
 
Bien sûr, de nos jours, difficile de faire la part entre le pèlerin et le visiteur mais l’essentiel n’est pas là.  La valeur d’une démarche, c’est le libre choix, le pari sur l’effort physique (se mettre en route à plusieurs), le défi des liens de la foi, la confiance en des forces inconnues qui nous dépassent.  Notre saint protecteur s’y entend pour mêler prières, communion avec les saints, beautés des arts et des pierres, lumières du soleil et des bougies allumées, liens visibles et invisibles.  De quoi donner à chacun, selon ses envies et ses besoins, la possibilité de déposer quelques instants des poids un peu trop lourds aux pieds d’une écoute attentive et bienveillante.